En finir avec la BNP

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Résumé

En restant partenaire de BNP Paribas, notre Institut :

  • Finance indirectement de nouveaux projets d'énergies fossiles écocides ;
  • Investit indirectement dans l'industrie de l'armement nucléaire et conventionnel ;
  • Soutien indirectement la colonisation et l'occupation israélienne à Gaza, en Cisjordanie et à Jérusalem-Est.

La politique humaniste voulue par l'Institut Pasteur et ses engagements en termes de responsabilité sociale et environnementale (que l'Institut revendiquera le 22 septembre, lors d'une grande manifestation) sont incompatibles avec les investissements mis en place par la BNP.

Pour toutes ces raisons, nous demandons un changement de banque pour le placement du capital et la gestion de notre Institut (salaires qui transitent, crédits, placements, émissions obligatoires, ouverture de comptes pour les nouveaux travailleurs étrangers, etc.).

Pourquoi demandons-nous un changement de banque de la part de l'Institut ?

Pour n'importe quelle organisation, le choix de sa banque n'est pas (ou ne devrait pas être) une simple question technique. Ce choix engage la responsabilité sociale, environnementale et éthique de notre institut.

Quand une organisation choisit de placer son argent dans une banque telle que la BNP Paribas, qui investit dans les énergies fossiles et l'armement, cela signifie concrètement que ladite organisation contribue, même indirectement, à financer :

  • des projets pétroliers, charbonniers ou gaziers qui ne sont pas compatibles avec les Accords de Paris,
  • des industries impliquées dans la construction d'armes (y compris nucléaire) ou impliquées dans des guerres, des génocides ou de la colonisation, comme c'est actuellement le cas à Gaza, en Cisjordanie et au Liban.

Ce constat légitime notre demande : l'Institut Pasteur doit mettre fin à ses liens avec la BNP Paribas et choisir une banque qui respecte des critères éthiques, sociaux et environnementaux stricts.

I. La BNP Paribas et le financement des énergies fossiles

Des financements massifs depuis les Accord de Paris de 2016

En 2016, les Accords de Paris ont fixé plusieurs objectifs :

  • limiter le réchauffement climatique en dessous de 2°C par rapport au niveau pré-industriel, avec un objectif idéal à 1.5°C,
  • atteindre une neutralité carbone d'ici 2050 en réduisant progressivement les émissions de gaz à effet de serre,
  • accompagner les pays les plus vulnérables dans leur adaptation face à l'augmentation des températures.

Pourtant, selon les rapports Banking on Climate Chaos de 2023 et 2026 12, la BNP Paribas a investi 239.4 milliards de dollars dans les énergies fossiles depuis 2016 (soit depuis la signature des Accords de Paris). Ces financements concernent des entreprises pétrolières, gazières et charbonnières, développant de nouveaux projets.

Elle a donc en dépit de ces accords continué à perpétuer le système écocide qui conduit au dérèglement climatique, avec des phénomènes caniculaires toujours plus nombreux et intenses, la destruction des écosystèmes, etc.

Financement de l'expansion fossile

BNP Paribas est très régulièrement pointée du doigts pour ses liens avec Total Energies, l'une des entreprises les plus actives dans l'expansion et l'ouverture de nouveaux gisements pétroliers dans le monde.

Reclaim France a notamment montré que BNP Paribas figure parmi les principales banques finançant Total Energies, par des prêts, de l'investissement bancaires ou même des participations directes au capital 3.

Encore une fois, cela pose un problème direct de cohérence : financer Total Energies c'est financer des projets incompatibles avec la limitation du réchauffement à 1.5°C.

L'industrie charbonnière

D'après le Coal Policy Tracker 4 développé par Reclaim France qui évalue les politiques charbons des banques, BNP Paribas est notée « insuffisante ». En effet, elle continue de financer des entreprises du charbon, qui extraient et transforment toujours plus de charbon.

II. Financement des camps de concentration de l'ICE et du système carcéral privé

Pendant au moins seize ans, BNP Paribas a contribué 18 à bâtir la puissance financière du GEO Group, géant américain des camps de concentrations privés exploités par l'ICE [19][19]. Elle a administré un dispositif de crédit de 1,692 milliard de dollars et souscrit au moins 43,3 millions de dollars d'obligations 18, tout en mettant en scène son soutien humanitaire aux personnes réfugiées en Europe 20. Après avoir promis en 2019 de couper les liens avec cette industrie, BNP Paribas est revenue sur sa parole : juste après la réélection de Donald Trump, elle a acheté un volume important d'actions GEO, misant financièrement sur l'explosion des arrestations, des expulsions et de la détention migratoire 20.

III. La BNP Paribas et l'armement

Financement de l'armement nucléaire

Dans le dernier rapport Don't bank on the Bomb 2026 5 publié par PAX et ICAN (prix Nobel de la paix 2017), qui recense les banques et institutions financières investissant dans les producteurs d'armes nucléaires, BNP Paribas finance à hauteur de 9.7 milliards de dollars (crédit et investissement direct) les 25 entreprises productrices d'armes nucléaires, dont : Thales, Northrop Grumman, Boeing, Airbus...

Financement de l'armement conventionnel

Selon le rapport High risk arms trade and the financial sector de 2022 6, la BNP Paribas est la banque européenne finançant le plus les fabricants fournissant des armes à des pays susceptibles de les utiliser contre des civils, à hauteur de 16 milliards d'euro entre 2016 et 2020.

Certains des pays bénéficiant de ces armes sont impliqués dans de sérieuses violations des droits humains : Arabie Saoudite et Émirat Arabes Unis, qui ont bombardé des hôpitaux, des écoles et des quartiers résidentiels au Yemen, causant la mort de 120 000 civils.

IV. BNP Paribas, les guerres menées par Israël et le financement des colonies israéliennes

Lien avec les principaux producteurs d'armes israéliens

Le rapport Don't Buy into occupation de 2025 7 liste 104 entreprises dont les activités permettent un maintien de la situation d'occupation des territoires palestiniens, l'accaparation des ressources présentes sur les territoires palestiniens, la conduite du génocide du peuple palestinien.

Ce rapport met en lumière que la BNP Paribas est, entre 2023 et 2025, la première banque européenne créancière de ces 104 entreprises à hauteur de 41,4 milliards de dollars. Elle a dans le même temps directement investi 28,3 milliards de dollars dans ces mêmes entreprises, parmi lesquelles on retrouve :

  • Elbit Systems qui est le premier équipementier militaire israélien, fabricant de drones et de système de surveillance. Il est également impliqué dans le maintien de l'occupation et dans la construction du mur d'apartheid en Cisjordanie occupée 8. Elbit est à ce titre particulièrement surveillé par les organisations de défense des droits humains.
  • Israel Aerospace Industries, un constructeur aérospatial et militaire qui fabrique des drones et des missiles.
  • Rafael Advances Defense System, une entreprise publique israélienne de défense.
  • Amazon, Boeing, Total Energies...

De plus, en mars 2024, BNP Paribas a participé à une levée de fond record pour Israël ayant pour objectif de combler un déficit lié à la guerre, à hauteur de 2 milliards de dollars 9.

Cet argent continue d'être investi malgré l'arrêt de la cour internationale de justice 10 qui reconnaît une occupation illégale des territoires palestiniens en Cisjordanie et à Jérusalem Est, ainsi qu'un génocide (toujours en cours) à Gaza.

Lien avec les banques israéliennes finançant les colonies

Rôle des banques israéliennes dans la colonisation :

Les banques israéliennes financent activement la construction, l'achat immobilier et le développement économique dans les colonies israéliennes illégales en Cisjordanie et à Jérusalem-Est en fournissant notamment : des crédits pour l'achat de logement dans les colonies, des prêts aux municipalités des colonies, des financements à des entreprises installées dans les colonies... 11.

BNP Paribas, en lien avec les grandes banques israéliennes :

Toujours selon le rapport Don't Buy into occupation 7, BNP Paribas entretien des relations avec les principales banques israéliennes dont :

  • Bank Hapoalim qui est la principale banque israélienne impliquée dans le financement de la colonisation. Elle possède des succursales dans les colonies et octroie des prêts immobiliers dans les zones occupées par des colons israéliens en Cisjordanie 11.
  • Bank Leumi qui a financé des projets immobiliers dans les colonies et qui a fourni des services bancaires à des municipalités de colonies 11.
  • Mizrahi Tefahot qui est accusée de financer l'achat de terrain et de logements dans les colonies 11.
Des investissements dans les entreprises actives dans les colonies.

Le rapport Don't buy into occupation 7 et les enquêtes de Who profits 12 montrent que BNP Paribas détient ou gère des placements dans des entreprises israéliennes ou internationales opérant dans les colonies illégales, telles que :

  • Electra Afikim, une entreprise de gestion de bus, qui transporte des personnes dans les colonies illégales.
  • Heidelberg Materials, une cimenterie qui exploite des ressources naturelles en Cisjordanie occupée, pillant donc les ressources du peuple palestinien.
  • Paz Energy qui met en place des stations-services dans les colonies.

Financement indirect via les géants américains de l'armement

Même sans financer directement des entreprises israéliennes, BNP Paribas contribue au financement des géants de l'armement américains qui fournissent massivement l'armée israélienne 713 :

  • Boeing : F15, hélicoptères Apache, missiles
  • RTX : missiles, système de guidage
  • General Dynamics : chars, blindés

Cinq ONG, dont la Fédération internationale pour les droits humains (FIDH) et la Ligue des droits de l'Homme (LDH) 15, ont déposé, en juillet 2026, un recours en excès de pouvoir assorti de demandes d'injonction auprès du Conseil d'État afin que la France stoppe les activités de la BNP en Cisjordanie 14.

V. Complicité avérée d'exactions au Soudan

En octobre dernier, la BNP Paribas a été reconnue complice par un jury new-yorkais d'exactions au Soudan 16, en ayant organisé des transactions commerciales dont les recettes ont financé l'armée et les milices du régime d'Omar el-Béchir 1417.

Un impact notable

Avec ces investissements socialement délétères, la BNP Paribas réalise des profits records, de 14,1 milliards d'euros), signe que leur impact négatif est conséquent 14.

Le PDG de la BNP s'enorgueillit même de maximiser les profits en augmentant ses frais de gestion et les cotisations d'assurances, et de transformer le domaine de l'assurance grâce à l'IA 14.

Ces revenus records ne profitent pas non plus aux citoyens, car la BNP est également une championne de l'évasion fiscale 21 et l'état ne prévoit pas de taxer ces super-profits 14.